Seuls 30 % des visiteurs d’Alberobello accèdent aux quartiers habités par les locaux, alors que la majorité se concentre sur les axes purement commerciaux. Certains hébergements, pourtant labellisés « authentiques », relèvent du décor entièrement reconstitué à destination des touristes.
La réglementation municipale limite la circulation dans certaines zones historiques, mais tolère des exceptions pour les groupes organisés et certaines enseignes. Les guides locaux ne sont pas tous certifiés, malgré une présence accrue de badges officiels affichés à l’entrée de la ville.
Pourquoi Alberobello attire-t-il tant de visiteurs et quels sont les pièges à éviter dans les Pouilles ?
Alberobello fascine d’emblée par ses trulli, ces maisons blanches à toits coniques qui semblent surgir d’un conte populaire. Ornés parfois de mystérieux symboles peints, ils donnent à la ville une silhouette qu’aucune autre localité européenne ne partage. Deux zones principales structurent le bourg : le secteur animé du quartier Monti, constamment traversé par les groupes de visiteurs, et Aia Piccola, préservé, où subsistent encore quelques foyers d’habitants. Le cœur du village bruisse d’accents venus de toute l’Europe, mais c’est au petit matin ou à la tombée du jour que les ruelles dévoilent leur vraie nature, loin de la cohue.
Pour qui veut découvrir Alberobello sans tomber dans les pièges, mieux vaut connaître certaines réalités. Les restaurants installés sur les axes principaux affichent des tarifs élevés, proposent souvent des plats uniformisés pensés pour satisfaire un flot continu de touristes. Les boutiques de souvenirs, concentrées dans les rues les plus exposées, vendent fréquemment des articles produits loin de la région, bien loin du véritable artisanat local. Pour dénicher une belle céramique ou un flacon d’huile digne de ce nom, il faut pousser la porte des ateliers nichés dans les rues secondaires.
Le littoral des Pouilles n’échappe pas à la surfréquentation. Les plages de Punta Prosciutto ou Baia dei Turchi voient affluer la majorité des estivants. En s’écartant sur les routes moins directes, il est possible d’atteindre de petites criques oubliées, où la Méditerranée retrouve une autre saveur. Un voyage dans les Pouilles ne se résume pas à Alberobello : villages perchés comme Polignano a Mare ou Gallipoli, paysages agricoles de la vallée d’Itria, offrent des échappées loin des itinéraires balisés.
Quant aux trulli convertis en locations touristiques, la frontière entre tradition et folklore s’efface vite. Certains logements affichent des prestations tout droit sorties d’un catalogue, parfois au détriment de l’authenticité. Rares sont ceux qui accueillent des hôtes tout au long de l’année : y passer une nuit, c’est toucher du doigt la routine du village, loin du décorum.
Conseils pratiques pour vivre une expérience authentique à Alberobello sans tomber dans les attrapes-touristes
Pour préparer un séjour dans les Pouilles qui échappe aux clichés, un peu de méthode s’impose. Viser la basse saison, mai ou septembre, permet de découvrir le centre historique d’Alberobello sous une lumière apaisée, loin du flot continu des groupes. La voiture reste le moyen le plus fiable pour explorer la vallée d’Itria et rejoindre les villages voisins comme Martina Franca, Ostuni ou Cisternino, en s’affranchissant des routes surchargées.
À Alberobello, quitter les sentiers battus du quartier Monti pour s’aventurer vers Aia Piccola réserve de belles surprises. Les ruelles y restent calmes à la mi-journée, et les trulli habités laissent entrevoir une vie locale bien réelle. Pour goûter à la gastronomie régionale, il suffit de repérer une épicerie ou un marché, puis de s’attabler dans une trattoria familiale, à l’écart des grandes avenues. La cucina povera, simple et généreuse, se découvre ainsi.
Voici quelques points concrets à garder à l’esprit pour savourer pleinement un séjour :
- Réservez une nuit dans un trullo véritable, sans décor plaqué, en vous appuyant sur les recommandations des habitants ou de voyageurs avertis.
- Laissez de côté les plages saturées en été. Tournez-vous vers Torre Guaceto ou Porto Selvaggio, plus confidentielles, pour profiter de la mer Ionienne sans foule.
- Pensez à faire halte à Polignano a Mare ou Lecce pour ajouter à votre voyage dans les Pouilles une dimension culturelle et historique inimitable.
Oser s’écarter du flux, dialoguer avec les habitants, suivre leur instinct du quotidien : c’est là que commence la véritable dolce vita des Pouilles. Qui prend ce risque goûtera la région bien au-delà de ses cartes postales.


