1 000 fjords, et pourtant, la plupart demeurent hors d’atteinte durant une grande partie de l’année. Les routes semblent parfois se dérober, certains itinéraires réputés ferment plusieurs mois, tandis que des alternatives plus discrètes s’ouvrent à qui cherche la tranquillité. Aujourd’hui, les liaisons maritimes desservent des hameaux autrefois coupés du monde, redéfinissant les chemins traditionnels à travers la Norvège.
Seulement deux fjords norvégiens se retrouvent sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, une sélection qui surprend face à la profusion de paysages inédits. Les règles pour les navires de croisière évoluent sans cesse, modifiant les habitudes des visiteurs et les manières de parcourir ces décors. Face à ces contraintes mouvantes, les voyageurs adaptent leurs parcours, cherchant à saisir la région dans ses meilleures conditions.
Ce qui rend les fjords norvégiens uniques au monde
Impossible de confondre la nature norvégienne avec un autre décor. Ici, les falaises abruptes, tapissées de forêts sombres, plongent à pic dans des eaux froides et profondes. À chaque éclaircie, la lumière transforme le paysage, révélant des jeux de couleurs : bleu acier, vert laiteux, nuances argentées. Les fjords norvégiens serpentent sur des centaines de kilomètres, creusant la côte ouest et offrant un enchaînement de panoramas à couper le souffle.
Le Geirangerfjord et le Nærøyfjord font partie des rares sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette reconnaissance souligne la force visuelle de ces lieux où la verticalité montagneuse rivalise avec la profondeur des eaux. Mais au-delà du spectacle, ces vallées immergées racontent une histoire vieille de plusieurs milliers d’années, patiemment sculptée par la glace.
Pour illustrer la diversité de ces paysages, voici deux fjords emblématiques :
- Geirangerfjord : falaises vertigineuses, cascades légendaires, fermes accrochées à la roche.
- Nærøyfjord : couloir étroit, ambiance minérale et silence total, presque irréel.
Ce territoire abrite aussi une faune rare : saumons sauvages, aigles qui survolent les crêtes, phoques et marsouins glissant dans les eaux claires. Cet équilibre fragile rythme la vie locale. La Norvège protège rigoureusement ce patrimoine, avec des réglementations strictes sur la navigation et le tourisme, afin de privilégier des approches respectueuses de l’environnement.
Quels sont les fjords à ne pas manquer lors d’un premier voyage ?
La diversité des fjords norvégiens a de quoi intriguer : chaque vallée, chaque courbe de côte recèle ses propres contrastes. Pour un premier séjour, quelques sites s’imposent. Geirangerfjord, avec ses falaises imposantes, ses cascades spectaculaires, dont les Sept Sœurs, et ses fermes suspendues, incarne le paysage norvégien dans toute sa grandeur. Les points de vue d’Ørnesvingen ou de Flydalsjuvet révèlent toute la complexité de la géographie locale.
Plus au sud, le Nærøyfjord se distingue par sa forme resserrée et dramatique. Sur douze kilomètres, les montagnes plongent abruptement vers l’eau, des villages miniatures se serrent au bord des berges, et chaque virage réserve son lot de surprises. Ce fjord, également classé à l’UNESCO, se découvre idéalement en bateau ou à vélo, pour profiter du silence et des jeux de lumière qui animent le décor.
Impossible de passer sous silence les îles Lofoten. Là-bas, la mer ondule entre des reliefs acérés, les petits villages de pêcheurs s’accrochent aux rivages, et la lumière boréale transforme chaque instant. On passe du bleu intense de l’eau au vert tendre des prairies, dans une ambiance de bout du monde.
Autour de Bergen, d’autres fjords s’offrent facilement aux curieux : Sognefjord, Hardangerfjord… On les explore en bateau, mais aussi grâce à la route panoramique, entre montagnes, vergers, et bras d’eau immenses. Tout l’esprit du voyage norvégien tient dans cette succession de contrastes et d’émotions.
Explorer les fjords : croisières, randonnées, routes panoramiques et autres expériences
Les fjords de Norvège se prêtent à toutes les envies. Parmi les expériences les plus marquantes, la croisière a la cote : embarquez sur un petit navire, glissez sur le Geirangerfjord ou le Nærøyfjord, entre parois vertigineuses et cascades rugissantes. Les compagnies locales multiplient les trajets courts ou les traversées plus longues, pour permettre d’embrasser chaque recoin du relief.
Pour saisir la dimension brute des fjords, rien ne vaut la randonnée. Les sentiers serpentent sur les crêtes, mènent à des promontoires spectaculaires comme Trolltunga ou Preikestolen, véritables balcons suspendus. L’effort se voit récompensé par des panoramas d’une pureté rare.
Si vous préférez avancer à votre rythme, la route panoramique s’impose. Louez une voiture, osez la Trollstigen ou la route de l’Atlantique : virages serrés, ponts audacieux, points de vue qui changent à chaque détour. L’expérience prend alors un tour plus personnel, presque contemplatif.
La découverte ne s’arrête pas là. Le train de Flåm déroule son itinéraire sinueux entre cascades et tunnels, jusqu’au spectaculaire belvédère de Stegastein, qui offre une vue vertigineuse sur l’Aurlandsfjord. En hiver, le fjord se pare d’une lueur bleutée propice à l’observation des aurores boréales, un spectacle d’une intensité rare, à vivre depuis la rive ou le pont d’un bateau.
Itinéraires conseillés et conseils pratiques pour organiser sa découverte
Pour parcourir les fjords norvégiens, mieux vaut cibler les axes principaux reliant Bergen et Ålesund. Ces deux villes, desservies efficacement par bateau et par train, servent de points d’ancrage pour rayonner dans la région. Depuis Bergen, partez explorer le Sognefjord, surnommé le « roi des fjords », puis enchaînez vers le Geirangerfjord, protégé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Un arrêt à Flåm s’impose pour tester le célèbre train panoramique, tandis que le Nærøyfjord, accessible en bateau, dévoile ses parois abruptes et son atmosphère préservée.
Si vous rêvez de liberté, la voiture ou le camping-car sont vos meilleurs alliés. L’été, les routes scéniques sont faciles d’accès, mais la fréquentation grimpe vite : mieux vaut réserver hébergements et hôtels à l’avance, notamment dans les villages d’étape. Privilégiez les logements typiques, rorbu ou hytter, pour une immersion authentique à deux pas de la nature.
Selon la durée du séjour, adaptez votre circuit. Trois à cinq jours ouvrent la voie aux sites majeurs, sans courir d’un point à l’autre. Les amateurs de randonnée peuvent allonger leur escapade vers Trolltunga ou les hauteurs d’Ålesund. Les liaisons entre Oslo, Bergen, Stavanger et Trondheim rendent la composition des itinéraires très flexible, que l’on arrive en train, en avion ou par la mer.
Gardez un œil sur le budget : la Norvège affiche des prix élevés, à la fois pour le transport et la restauration. Miser sur les options locales, pique-nique, cabanes, ferries municipaux, aide à maîtriser ses dépenses sans perdre en authenticité.
Les fjords norvégiens n’offrent jamais deux fois le même visage. À chaque voyage, un nouveau panorama, une lumière imprévue ou un silence saisissant s’invite à la fête. Ceux qui s’y aventurent savent qu’ici, la nature impose son rythme et transforme chaque détour en souvenir indélébile.


